« Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? »

Publié le par paroisses Sante Agathe

HomFM croixglorieuseélie du 13 dimanche ordinaire – Année C (2013) - Abbé Stéphane

         Intellectuellement et physiquement fatigué, je me suis autorisé cette semaine une séance au cinéma. J’y suis allé avec Emmanuel. Nous sommes allés regarder « Superman ». La qualité des effets spéciaux sauve la qualité du film. Mais les 2 prêtres de la salle ont reconnu dans le personnage de Superman la figure du Christ, qui vient dans notre monde pour sauver tous les hommes. J’avais même envie de chanter au début du film : « Il est né le divin Enfant ! » et à la fin : « Victoire, tu régneras ! ».

         Il y a peu de temps aussi, je me suis autorisé l’achat d’Harry Potter, les reliques de la mort, deuxième partie. La qualité de ce film surpasse celui que j’ai cité avant. Mais là aussi je n’ai pas pu m’empêcher d’y reconnaître le visage du Christ Jésus. Pour vaincre le mal, personnifié dans Woldemor, Harry Potter se laisse tuer par lui… « Comme un agneau que l’on mène à l’abattoir, il n’ouvre pas la bouche… » . Mort, Harry Potter déracine en lui la part de mal qui y demeure. Enfin, il ressuscite et triomphe du mal. 

         Il y a quelques années, j’avais également remarqué que la source d’inspiration de certain cinéaste ou metteur en scène était Jésus Christ. Le monde de « Narnia » par exemple. La figure du Roi lion qui accepte de donner sa vie pour sauver le petit homme de la femme des glaces, et qui ressuscite, laissant son tombeau vide. Je ne parle pas de « Matrix », l’enfant de la promesse, qui vient redonner la vie, la liberté et l’amour à notre humanité, esclave des machines.

         Jésus a encore des beaux jours devant lui. Il fascine. Il interpelle. Ce qu’il a vécu, au milieu de nous, il y a plus de 2000 ans reste une base solide et une source d’inspiration pour beaucoup. Jésus n’est pas vraiment oublié… c’est rassurant n’est-ce pas ?

         Mais attendez… de quoi devons-nous nous réjouir ? Du fait que Jésus n’est pas oublié, qu’il reste un modèle, une source d’inspiration ? Ou devons-nous plutôt nous réjouir que sa venue dans notre chair humaine, que sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection nous sauve du mal et de la mort ?

         St Paul, dans la seconde lecture de ce jour, insiste auprès des chrétiens converti de la Galatie, pour que ceux -ci ne reviennent pas à l’homme ancien, esclave du mal… de cet homme qui se laisse mener par la convoitise, la jalousie, l’envie,… St Paul rappelle qu’en acceptant la vie de Dieu, par le baptême, nous sommes devenus des hommes nouveaux. Et que notre vie, livrée à l’Esprit, porte déjà des fruits nouveaux…

         A la différence des films fantastiques que je viens de citer, l’humanité, notre humanité, n’attends pas les bras croisés, que son sauvetage soit accomplie pour enfin applaudir. L’Evangile, de ce jour est assez claire, pour que nous comprenions que rien, absolument rien, ne se joue sans nous, sans moi, sans ma liberté consciemment engagé.

         Lisez, et relisez la Bible, ancien comme nouveau Testament, il est toujours question d’appel. On peut le vérifier dans les lectures de ce jour. Dieu envoie Elie appelé Elisée. Paul, au nom du Christ appelle les Galates à la fidélité. Et enfin Jésus appelle tout homme à le suivre.

         Je me suis souvent demander que voulez dire « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » ? Pour enfin comprendre que je dois engager ma vie comme elle est… J’ai longtemps mis volontairement la croix de coté, car pour moi elle était symbole de souffrance et de douleur. Pour enfin comprendre qu’il n’y a pas de vie sans souffrances et sans douleurs… car il s’agit de crucifier en moi, avec l’aide du Christ,  ce qui me rend laid, détestable aux yeux des autres et de Dieu.

         L’Evangile de ce jour est limpide. Le Christ appelle. Il y a ceux qui répondent et il y a ceux qui restent sur le bord du chemin, comme fustigé par l’ampleur de la demande. Et oui, que voulez-vous, dire oui au Christ ce n’est pas une sinécure, c’est accepter de déraciner en soi le mal et vivre selon l’Esprit du Ressuscité.  C’est accepter de se laisser crucifier avec le Christ pour ressuscité avec Lui à la vie nouvelle. C’est accepter de quitter les berges du péché et de l’esclavage pour gagner la terre nouvelle.

 

         La Bonne Nouvelle du Christianisme n’est pas d’avoir un super héro qui vient sauver l’humanité du danger… la Bonne Nouvelle du Christ est de nous sauver, par son incarnation, sa passion, sa mort et sa résurrection. La Bonne nouvelle du Christ réside dans son appel à accueillir pour moi ce sauvetage.

    Finalement, la seule question que je dois me poser est celle-ci : Qu’est-ce que je vais faire de ma vie ?

FM croixglorieuse

 

 

Publié dans Homélies

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