Un repas fondateur d'unité !

Publié le par paroisses Sante Agathe

eucharistie01bHomélie du jeudi Saint 2013 (Abbé Stéphane)

Durant ce Carême, je vous ai partagé cette expérience qui fut la mienne durant 10 mois : le service militaire ! En ce jeudi saint, j’aimerais continuer à vous en parler. Même si la comparaison est hasardeuse, je pense qu’elle peut nous éclairer.

            Durant cette fameuse journée de randonnée, sac au dos, boussole à la main et carte dans l’autre, il y a eu un moment unique que je ne suis pas prêt d’oublier : le partage du repas !

            Après le stress et la panique du départ, après la suspicion et la colère, après les bouderies de notre petite équipe, arrive le temps du REPAS. Et, ce temps là a été FEDERATEUR !

            Les uns et les autres nous avons commencé a nous partagé nos rations de combat… à nous redire comment nous avions vécu le matin… ce qui a produit quelques éclats de rire… Ce temps là nous a permis de nous découvrir, de partager nos passions, de parler de nos avenirs… Sans ce repas, je ne sais pas si nous aurions été capables d’entrer dans une amitié vraie et sincère. Nous nous étions ouvert les uns aux autres et tout, dorénavant n’était plus comme hier. Nous étions devenu FRATERNEL, capables de nous rendre service sans attendre de retour… et les quelques mois restant ne nous ont pas était si pénible !

            Oh, je sais que je vous ai beaucoup parlé de mon expérience militaire et de cette fameuse journée de raid. Je l’ai fait, car cette expérience a été fondatrice. N’en déplaise à ceux qui ont milité pour la suppression du service militaire, je pense, personnellement que par le vécu de ce genre d’expérience, c’est notre identité qui se forge, qui s’affermit. A notre époque, nous devrions réfléchir à des lieux où nos jeunes puissent se confronter à la vie, aux autres…

            Mais revenons à ce que nous célébrons en ce jour ! Il s’agit également d’une expérience fondatrice ! Les Apôtres ne savent pas la gravité du moment. Judas, lui, même, ne sait pas vraiment de quoi sera fait les heures suivantes. Il croit que l’événement est arrivé. « Enfin le Messie va triompher de l’envahisseur. Enfin les romains vont être jetés dehors… » Et Jésus accueillit en gloire, sur un âne, à travers rues et ruelles de la cité sainte de Jérusalem lui fait entrevoir que les prophéties d’Isaïe et de Zacharie se réalisent. Jésus est bien le nouveau David, l’envoyé de Dieu…

            Mais l’heure est au repas ! Ils sont assis là, autour d’une table. Du pain, du vin… Son corps, son sang pour le pardon des péchés, sacrifice offert pour le sauvetage du monde ! Cette nourriture, qui est le Christ, nous rassemble dans une même fraternité : Nous sommes pécheur et nous avons besoin de guérison.

            C’est autour de cette table que nous sommes le plus frères. C’est quand nous nous éloignons de cette table que s’établit entre nous la discorde… Frères et sœurs, ce que nous nous partageons, à chaque messe c’est le Christ, qui nous fait entrer dans sa vie au point que nous devenions les uns pour les autres des frères et sœurs en lui.

            Quelles souffrances pour les prêtres, de voir les gens s’éloigner de l’Eucharistie, juste par convenance personnelle, juste parce que la messe n’est pas célébrée là où ils veulent. Le Cora, et le Leclerc, le médecin et le pharmacien, le vétérinaire et le fleuriste font déplacer les foules… mais le Christ est à la dernière place… Il est vrai qu’il a choisit cette place et personne ne lui retira !

            Ne nous étonnons pas que pour les plus jeunes, la foi chrétienne, l’Eglise, nos paroisses ne soient signes de rien et ne donnent pas envie. Ce repas divin, qu’est la messe est FONDATEUR de notre unité. Moins je mange le Christ, moins je demeure en Dieu et moins je me sens proche des autres, de l’autre… y comprit le plus proche !

            Vous savez, ce n’est pas par hasard que Jésus prononce cette phrase : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra comme mes disciples. » C’est au cœur de ce repas, que le Christ fonde les Apôtres dans leur unité. L’Eucharistie fait l’Eglise répétait le Pape Jean Paul II. « Béni sois-tu Seigneur pour la coupe et le pain ou ton peuple prend corps ! » avons-nous chanté comme refrain de psaume.

            St Jean ne raconte pas le dernier repas comme les autres évangélistes. Il nous fait entrer dans un geste unique : le LAVEMENT DES PIEDS. Le Maître se fait SERVTEUR. Il se met à la hauteur de tous. Et tout comme pour la Cène, il invite l’humanité à faire cela en mémoire de lui.   

            La messe et le lavement des pieds sont donc intiment liés l’un à l’autre et orientent notre vie de baptisé vers l’autre. Que nous soyons célibataire par choix ou pas, que nous soyons marié ou pas, que nous soyons diacre, religieux ou religieuses, que nous soyons prêtre, évêques ou pape, notre vie est littéralement tourné vers l’autre. Parce que le Christ est tourné vers l’autre !

            Frères et sœurs ce repas au gout d’éternité est le repas qui fonde notre identité. Nous sommes fils d’un même Père, nous sommes frères et nous le sommes Par, Avec et En Lui… Lui étant Jésus Christ, le Fils du Dieu vivant !

            Oui, quelles souffrances, quand des hommes et des femmes se privent de la messe, juste parce qu’elle n’est pas célébrée chez eux ! Ils savent de quelle force ils se privent. Ils ne savent pas de quelle présence ils se privent. Ils savent de quel amour ils se privent. Ils ne savent pas qu’ils ruinent l’Eglise et leur identité de Fils de Dieu !

            Amen

Publié dans Homélies

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