Une réponse personnelle !

Publié le par paroisses Sante Agathe

christsouriant

HOMELIE 12° DIMANCHE ORDINAIRE  - ANNEE C (Abbé Emmanuel)

         La semaine dernière, nous avions nourri notre foi à partir de la rencontre de Jésus avec la femme pécheresse chez Simon le pharisien, au cours d’un banquet. Et les convives murmuraient contre Jésus parce qu’il se laissait approcher par cette femme de mauvaise vie, tout en larmes, et qui avait versé sur ses pieds un précieux parfum odorant. Selon les lois de la religion juive, Jésus aurait dû s’écarter de cette personne et la renvoyer à sa misérable vie quitte à l’exclure de la communauté des hommes. A la fin de la rencontre, Jésus pardonnait les péchés de cette femme en actant officiellement la qualité et de l’authenticité de sa foi. « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » lui avait-il dit. D’où la question des invités au banquet : « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »

         Aujourd’hui, après avoir été les spectateurs des gestes et des paroles de libération de Jésus lors de cette rencontre (et de nombreuses autres avec les plus blessés d’Israël), nous-mêmes, en tant que disciples familiers de Jésus, nous sommes aussi interrogés : « Et vous que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? »

          Alors, bien sûr, nous pouvons nous défiler comme nous savons si bien le faire en cas d’extrême urgence pour cause de pudeur ou par sentiment d’indignité :

nous pourrions allumer nos smartphones en dessous du banc et surfer sur internet pour trouver les définitions que nous proposent WIKIPEDIA en jouant de notre pouce ! Sauf que cette encyclopédie numérique sur le net est de valeur très inégale et plus encore en matière religieuse.

Les plus futés iraient chercher la réponse sur l’identité de Jésus sur les sites catholiques et nous reproduiraient, peut être même sans les avoir lues, des pages entière de textes doctrinaux ou conciliaires affirmant des choses à croire et leurs conséquences sur les mystères de la foi.

D’autres plus avertis chercheraient tout simplement dans les deux lectures et le psaume entendus au cours de cette messe : d’après le livre de Zacharie, on peut en déduire que Jésus souffre et meurt pour notre salut et que la résurrection attirera les foules au Christ. D’après le psaume 62, la seule nourriture qui apaise la faim de l’homme, la seule source qui étanche sa soif, c’est l’expérience de la présence de Dieu dans la vie du croyant. La reconnaître, c’est s’en émerveiller et lui être fidèle. D’après la seconde lecture dans la lettre de Paul aux Galates, Jésus est notre frère dans la foi et nous sommes par ce biais là tous fils et fille de Dieu, ses enfants, donc sa famille. Et Jésus Christ est en quelque sorte notre chef de famille, notre leader, notre tête. Tout cela est beau et juste. Mais au delà du discours et des belles paroles, au-delà des traités théologiques et des convictions des autres, pour nous, QUI EST JESUS ?

         La révélation de l’identité de Jésus à chacun d’entre nous dépend de notre désir et de notre capacité de le rencontrer, de le contempler, de l’écouter, de le comprendre et de le suivre en adaptant notre vie à l’esprit qui animait la sienne ! PERSONNELLEMENT ! En effet, si nous n’entrons pas dans cette démarche, nous risquons de croire au dieu que nous nous fabriquons nous-mêmes de nos mains et que nous adorons comme s’il était le vrai Dieu. Les disciples de l’évangiles évoquent d’ailleurs à Jésus ce que les foules disent de lui. Peu importe si c’est vrai ou faux doctrinalement parlant. Ce qui compte, c’est la rencontre personnelle avec le Seigneur ; c’est de se laisser toucher et habiter par sa présence ; c’est de la fréquenter et de la connaître personnellement pour pouvoir avoir un regard de vérité et d’expérience sur qui il est POUR NOUS. Car nous sommes invités à devenir avec le Seigneur les acteurs du salut pour notre temps, ou encore les bâtisseurs du Royaume de Dieu qui se construit jour après jour en nous et autour de nous.

C’est la raison pour laquelle Jésus annonce à Pierre son chemin de croix passant par la souffrance, la mort et aboutissant à la résurrection. Voilà une prise de parole qui oblige tout disciple de Jésus à devenir réaliste, nous y compris. Car il est impossible de participer à l’œuvre de Dieu sans en comprendre les enjeux, lesquels sont liés à l’identité de Jésus.

Alors, ainsi purifiés dans nos idées sur la foi en Jésus, nous pourrons entendre la finale de ce passage d’évangile comme un  appel à le suivre de manière aussi AJUSTEE que possible : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. »

Puisse le Seigneur nous révéler qui il est et puissions-nous l’accueillir dans toute son originalité et le suivre, à la fois personnellement, et en Eglise.       

                                                                                                                                                                                                              AMENchristsouriant

 

Publié dans Homélies

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